Crash du rouble : Où en est la Russie

rouble russe

Avec cette grave crise monétaire qui dure depuis un an, la Russie ne souffre pas d’une hausse du chômage. Mais le revers est très désagréable : les entreprises manquent de main-d’œuvre sur le long terme. Le chômage atteint un taux de 5.5% de la population active.

 

Plusieurs facteurs en cause

Depuis le début de l’année 2014, la Russie subit une grande pression : sanctions internationales, économie qui s’essouffle, baisse des cours des hydrocarbures… La banque centrale, lassée de dilapider les réserves afin de soutenir le rouble, décide de ne plus intervenir.

Le 15 décembre 2014, les investisseurs et toute la population russe vendent leurs roubles. La monnaie locale perd alors 9.5% de sa valeur en une journée et 7% le jour d’après. En tout, elle perd 40% vis-à-vis du dollar en 2014.

Le 18 décembre 2015, Vladimir Poutine s’exprime et annonce une sortie de crise d’ici 2 ans. Mais il décide de confier cette responsabilité au gouvernement et à la banque centrale. La banque centrale accroit de 10.5% à 17% son taux directeur le 15 décembre afin de garder l’attractivité du rouble. Ensuite, elle adopte des mesures favorisant le maintien à flot du système bancaire et évitant l’effondrement financier. Pour sa part, le gouvernement vient renflouer le secteur bancaire et adopte des dispositions pour soutenir les secteurs fortement affectés (l’agriculture, l’industrie automobile…). Les retraites augmentent de 12%. Par contre, le déficit est conservé à moins de 3% du PIB.

D’après les chiffres, la Russie est en pleine récession depuis l’été 2014. La contraction s’est très vite accélérée à la suite du choc monétaire. Selon le ministre de l’Économie, le PIB pourrait baisser de 3.7% durant 2015, malgré une croissance de 0.6% l’année dernière. Avec la hausse des taux, l’activité du crédit a été étouffée. Mais l’inflation de 15% (en novembre) plombe le pouvoir d’achat. En une année, les ventes au détail et les revenus des ménages ont reculé de 10%, celles du secteur automobile ont baissé de 42%, le trafic aérien vers l’international a baissé de 16%.

Actuellement, les autorités annoncent la fin de la récession. Même si la stabilisation se fait via les investissements et la production, la consommation ne démarre pas avec un important ralentissement de l’inflation. Cette fois, la reprise sera différente et lente, prévoient les observateurs. Les banques ne prêtent pas et plusieurs problèmes structurels sont encore à régler.