Des taux d’intérêt négatifs adoptés par la Banque nationale Suisse

BNS

Désormais, ceux qui cachent des économies en Suisse ne jouiront plus d’aucun intérêt, mais en plus, ces économies vont leur coûter de l’argent. Cette mesure, adoptée par la BNS (Banque Nationale Suisse), vise à éviter que le franc suisse ne cesse de grimper pour devenir une valeur refuge par la suite.

Chaque jour, des dizaines de tonnes de billets arrivent en Suisse que les banques se contentent simplement de les peser plutôt que de les compter. De telles procédures conviennent à certaines villes comme Zurich ou Genève, mais défavorisent les sociétés exportatrices. En effet, le secteur pharmaceutique, machines-outils, agroalimentaire et bien d’autres sont pénalisés par la hausse trop importante de la monnaie locale.

0.75% de prélèvement

En janvier, la Banque nationale a subitement abandonné le taux limite du franc suisse vis-à-vis de l’euro. Si sa valeur n’était qu’à 0.8 euro, très vite, elle se trouve presque à égalité avec l’euro. Les frontaliers en profitent, puisque 1 CHF vaut 0.95 euro. Le problème de la BNS est qu’elle doit constamment acheter de l’euro pour éviter que la monnaie helvétique ne monte davantage. Mais malgré la suppression du taux plancher, les investisseurs sont toujours là.

Alors, elle imagine un taux négatif à 0.75% afin que les étrangers cessent de mettre leurs économies dans le pays. Donc, actuellement, si on place de l’argent en Suisse, on ne sera pas rémunéré… au contraire, on nous prélève un certain montant.

Une nouvelle solution

Une à une, les banques suisses se sont mises à taxer les comptes. L’établissement Pictet, par exemple, fait un prélèvement sur les comptes courants ayant plus de 1 million. Pour BCV, elle affirme que la taxation s’applique uniquement aux ‘grands comptes’.

Malgré de telles mesures, les gros clients ont adopté une nouvelle solution : au lieu de mettre leur argent sur les comptes, ils les retirent et les dissimulent dans un coffre sous forme de liquide. Le prix de location d’un coffre est par ailleurs indiqué par les journaux locaux. Ce tarif se calcule en litre et est très abordable.

Selon plusieurs observateurs, cette mesure prise par la BNS peut avoir des conséquences néfastes. Certains affirment que les investisseurs risquent de se tourner vers d’autres secteurs comme l’immobilier, ce qui pourrait chambouler ce secteur.